Un diagnostic aurait dû révéler des traces d'amiante dans la crèche


Deux inspecteurs du travail ont visité le chantier de désamiantage de la crèche municipale. Appliquant la loi en vigueur sur l'amiante et le principe de précaution à la lettre, les deux fonctionnaires ont aussi permis de comprendre que la mairie ne pouvait pas savoir qu'il y avait de l'amiante dans les sous-sols. Explications...

Par Cédric GOUT armentieres@lavoixdunord.fr

« Vous êtes un sachant dans votre domaine d'activité, moi je le suis dans le mien. Donc, vous ne pouviez pas savoir... » Pierrette Das, inspectrice du travail, s'adresse aux responsables du patrimoine, Philippe Heudre et Jean-Max Gibout, et au contrôleur des travaux de la mairie d'Armentières, Franck Vancayseele.

Elle emploie ce terme « sachant » pour signifier que la municipalité ne pouvait pas savoir qu'il y avait de l'amiante dans les sous-sols de la crèche municipale. Pourquoi ? Parce qu'en 2003, une entreprise spécialisée, donc « sachante », a effectué les contrôles pour repérer s'il y avait de l'amiante dans le bâtiment. Résultat : pas de traces. La municipalité a donc fait confiance à ces spécialistes.

Pour l'inspectrice du travail et son collègue, Pascal Gevaert, c'est catégorique : « Il faut reprendre tous les diagnostics amiante et les refaire faire. Il faut aussi recenser tous les bâtiments vus par les sociétés qui ont fait les repérages.»

Les deux fonctionnaires estiment que ces entreprises auraient dû connaître l'arrêté de janvier 2002 sur l'amiante*. Mais ce n'est pas tout... Comme la municipalité ignorait la présence du produit toxique dans la crèche, le personnel est descendu dans les sous-sols. Pour Pierrette Das, « ils sont allés dans une zone contaminée ». Elle préconise donc que la mairie recense tout le personnel concerné et lui demande de remplir une fiche de suivi qui sera transmise au médecin du travail, et à l'inspection. Cette fiche déclenche un suivi annuel de ces personnes. On ne rigole pas avec l'amiante, c'est le moins qu'on puisse dire... Hier, les responsables de la municipalité ne riaient pas, en effet.

Mais Franck Vancayseele explique que « tous les bâtiments ont été vus conformément à la législation en vigueur en 2003 ». Au total, la mairie possède 90 bâtiments, mais seuls ceux construits avant 1996, année des premiers décrets sur les dangers de l'amiante, sont concernés.

La municipalité « se conformera aux préconisations de l'inspection du travail et les personnes qui sont descendues seront bien suivies », indique le contrôleur des travaux. « Mais il y a très peu de risques, ajoute Philippe Heudre, car dans l'objectif du chantier de la crèche, des mesures ont été réalisées en mars et la semaine dernière par l'entreprise Vérilis pour vérifier la présence de particules dans l'air. On n'a rien trouvé. » Dont acte. Mais le principe de précaution s'applique. Et les mesures de sécurité prises par la société prouvent, s'il le fallait encore, la dangerosité de l'amiante.

Jean-Pierre Leduc, le chef de travaux, rappelle que ce produit est cent fois plus fin qu'un cheveu. Il précise également que l'amiante du sous-sol de la crèche est le plus dangereux des trois types.

Pour se prémunir de tout contact avec cette « amosite », les conditions dans lesquelles travaillent les quatre hommes de l'entreprise sont draconiennes. Tout est hermétique. Quand ils pénètrent dans la zone contaminée, ils enfilent une blouse étanche et un masque. Ils passent par un tunnel muni de cinq sas dans le sens de la sortie et dans lesquels ils sont dépoussiérés et douchés plusieurs fois.

Au total, ils devraient extraire environ 4 m³ d'amiante du sous-sol. Le produit partira ensuite dans un Centre d'enfouissement technique de classe 1 à Gargenville, en région parisienne.

Le chantier de la crèche d'Armentières est de taille moyenne pour cette entreprise. Mais pour la municipalité, c'est une grosse épine.


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